Assurance emprunteur et diabète de type I

Vous êtes touché(e) par le diabète de type I ? Quelles différences sur votre assurance de prêt ?

Vous avez un projet de logement ou un achat immobilier mais vous vous inquiétez des conséquences de votre diabète sur la souscription de votre assurance ? Si cette pathologie est perçue comme un risque aggravé par les assureurs, elle ne doit pas empêcher un emprunteur motivé de réaliser son rêve immobilier.

En tant que courtier expert, ASSFI aide les emprunteurs à obtenir une couverture sur mesure au meilleur prix. Découvrez comment sécuriser votre souscription malgré la maladie.

Pour un assureur, l’éligibilité d’un emprunteur présentant du diabète ou d’autres maladies chroniques ne se résume pas à un simple « oui » ou « non ». L’évaluation repose sur une analyse précise du risque de santé à court et long terme. Sauf en cas d’application de la Loi Lemoine (qui supprime le questionnaire médical sous conditions), votre profil sera examiné à la loupe lors de la souscription.

Lors de l’examen de votre dossier d’assurance de prêt immobilier, le médecin conseil de la compagnie s’appuie sur plusieurs critères cliniques issus notamment des recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) :

  • L’équilibre glycémique : C’est le critère numéro 1. Le taux de sucre dans le sang et votre glycémie doivent être maîtrisés. Le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) doit être stable. Un taux inférieur à 7 % ou 7,5 % facilite grandement l’acceptation du contrat. D’une manière générale, les assureurs vérifient la régularité de votre traitement par insuline pour éviter les complications et s’assurer de la stabilité de votre glycémie.
  • L’ancienneté de la maladie : Le type 1 se déclarant souvent jeune, les assureurs scrutent la durée d’évolution du diabète pour anticiper d’éventuels risques de complications.
  • L’absence de complications : L’éligibilité aux meilleures garanties (comme l’ITT ou l’IPT) dépend de l’absence d’atteintes organiques (rétine, reins, système cardiovasculaire ou neurologique).
  • L’hygiène de vie : Le tabagisme ou un IMC (Indice de Masse Corporelle) élevé peuvent aggraver l’évaluation du risque global par l’assureur.

Pour valider votre assurance emprunteur diabète type 1, vous devrez remplir un questionnaire de santé détaillé. Il permet à l’organisme de déterminer si votre pathologie est « équilibrée ».

Bon à savoir : En cas de refus au premier niveau, votre dossier bascule automatiquement vers les niveaux 2 ou 3 de la Convention AERAS. Ce dispositif permet de réévaluer votre éligibilité auprès de services médicaux plus spécialisés dans le risque aggravé de santé, afin de vous permettre de bénéficier d’une couverture adaptée.

Si votre crédit respecte les plafonds (200 000 € par tête) et se termine avant la limite d’âge de 60 ans, les critères médicaux cités plus haut ne s’appliquent plus. Vous êtes alors éligible d’office aux conditions de taux standard, sans avoir à mentionner votre diabète.

Lorsqu’un assureur accepte de couvrir un profil présentant un diabète de type 1, il adapte généralement les conditions du contrat pour compenser le risque médical. Cette adaptation se manifeste par un prix plus élevé (surprime) ou une réduction de la protection (exclusions).

La surprime en assurance emprunteur est une majoration de la cotisation de base. Pour le diabète, elle est calculée après analyse de votre questionnaire de santé et de vos bilans médicaux.

  • Une tarification personnalisée : Le montant de la surprime dépend de l’équilibre de votre maladie. Si votre diabète est parfaitement stable, la surprime peut être modérée.
  • Les ordres de grandeur : Pour un type 1, la majoration peut osciller entre 100 % et 150 % du tarif standard. Dans certains cas très favorables, grâce à une délégation d’assurance, ce taux peut être revu à la baisse.
  • Le plafonnement via AERAS : Pour bénéficier du dispositif d’écrêtement des surprimes prévu par la convention AERAS, vos revenus ne doivent pas dépasser un certain seuil. Cela signifie que le coût de votre assurance ne peut pas dépasser un certain pourcentage du taux effectif global de votre crédit.

L’exclusion de garanties signifie que l’assureur refuse de prendre en charge les conséquences d’un sinistre s’il est lié à votre pathologie.

  1. Exclusion partielle : Vous êtes couvert pour tous les accidents ou maladies, sauf ceux résultant directement des complications de votre diabète ou d’autres maladies liées.
  2. Exclusion totale de garanties : Il arrive fréquemment que les assureurs refusent d’accorder les garanties ITT (Incapacité Temporaire de Travail) ou IPT (Invalidité Permanente Totale) aux personnes diabétiques. Dans ce cas, seul le décès est couvert.
  3. L’exigence de la banque : Attention, si votre banque exige impérativement ces garanties pour valider votre prêt immobilier, une exclusion peut bloquer votre dossier. C’est ici que le recours à un contrat individuel spécialisé devient indispensable pour négocier le rachat de certaines exclusions.

Source officielle : Selon la Fédération Française de l’Assurance (France Assureurs), chaque compagnie dispose de sa propre grille d’évaluation. Il est donc crucial de comparer plusieurs offres avant toute souscription.

Pour obtenir le meilleur contrat malgré la maladie, ne vous contentez pas de l’assurance « groupe » de votre banque. La délégation d’assurance vous permet de solliciter des assureurs qui utilisent des grilles de risques plus souples pour les diabétiques, réduisant ainsi l’impact financier par rapport à votre ancien contrat ou à l’offre bancaire standard. Cette démarche est essentielle pour les emprunteurs soucieux de leur budget.

Souscrire un crédit immobilier avec une pathologie chronique comme le diabète de type 1 peut donner l’impression d’être en position de faiblesse. Pourtant, la législation française protège strictement les droits des assurés pour éviter toute discrimination abusive et faciliter l’accès à l’assurance et au crédit logement.

C’est l’avancée la plus majeure de ces dernières années. Comme mentionné précédemment, si votre part de prêt est inférieure à 200 000 € et que vous le soldez avant vos 60 ans, vous avez le droit de ne pas déclarer votre diabète. L’assureur a l’interdiction formelle de vous poser des questions sur votre état de santé ou de vous demander des examens biologiques.

Vous n’avez aucune obligation d’accepter l’assurance proposée par votre banque. La Loi Lagarde vous donne le droit de choisir un contrat externe. Si les garanties sont équivalentes, la banque ne peut ni refuser votre délégation, ni augmenter le taux de votre crédit en guise de représailles. Cela vous permet de solliciter des assureurs spécialisés dans le risque diabétique.

Depuis la Loi Lemoine, vous pouvez changer d’assurance emprunteur à n’importe quel moment de la durée de votre prêt, sans frais ni pénalités. C’est un droit crucial : si votre état de santé s’améliore (utilisation d’une pompe à insuline performante, meilleure stabilité glycémique), vous pouvez renégocier votre contrat ou partir chez un assureur concurrent pour faire baisser votre surprime.

La Convention AERAS ne se contente pas de faciliter l’examen des dossiers. Elle instaure un droit à la limitation des coûts :

  • Le droit à un examen approfondi : En cas de refus au niveau 1, votre dossier doit être automatiquement transmis aux experts médicaux du niveau 2.
  • Le plafonnement des coûts : Pour bénéficier de ce plafonnement, le montant de la surprime ne peut pas dépasser 1,40 point dans le taux effectif global (TEG) de l’emprunt. C’est l’assureur ou la banque qui prend alors en charge le surplus du coût de la garantie.

En vertu du Code des assurances (Article L1141-1), les informations relatives à votre santé sont protégées par le secret médical.

  • L’assureur doit mettre à votre disposition un médecin-conseil pour expliquer les raisons médicales d’une éventuelle surprime ou d’un refus de garantie.
  • Vous avez le droit d’obtenir la copie de votre dossier médical ayant servi à l’établissement du risque.

Source officielle : Pour faire valoir vos droits ou en cas de litige, vous pouvez saisir le médiateur de l’assurance ou consulter le site de l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution).

Oui, c’est une obligation légale, sauf cas particuliers. Selon le Code des assurances, chaque emprunteur est tenu de déclarer toute pathologie chronique lors de la rédaction du questionnaire de sante.

Cependant, vous bénéficiez d’un droit à l’oubli médical partiel grâce à la Loi Lemoine. Vous n’avez aucune obligation de déclarer votre diabète de type 1 si :

  • Le montant de votre prêt ne dépasse pas 200 000 € par assuré.
  • Le remboursement total de votre crédit se termine avant votre 60ème anniversaire.

Si vous ne remplissez pas ces conditions, la transparence est indispensable pour que l’assureur puisse évaluer correctement le risque.

Omettre de déclarer son diabète constitue une fausse déclaration intentionnelle. Les conséquences sont lourdes :

  • Nullité du contrat : En vertu de l’article L.113-8 du Code des assurances, votre assurance peut être annulée rétroactivement.
  • Absence d’indemnisation : En cas de problème de santé ou d’accident, l’assureur refusera de rembourser les mensualités de votre prêt immobilier.
  • Exigibilité du crédit : La banque peut exiger le remboursement immédiat du capital restant dû, créant un risque financier majeur pour l’emprunteur et son foyer.

Il n’existe pas de contrat universel, car chaque type de diabète est traité différemment selon les compagnies. Les meilleures options se trouvent généralement via la délégation d’assurance plutôt que dans les contrats de groupe des banques.

Les contrats les plus adaptés sont ceux qui :

  • Proposent une surprime raisonnable et plafonnée.
  • Maintiennent les garanties d’incapacité et d’invalidité (ITT/IPT) sans exclusions systématiques liées à la maladie.
  • Appliquent strictement les avantages de la convention AERAS. Faire appel à un courtier spécialisé permet de comparer les taux par rapport à votre ancien devis et les risques couverts pour identifier l’offre la plus protectrice.

Pour obtenir un devis sur-mesure, la démarche la plus efficace est de solliciter un expert en risques aggravés de santé. Voici les étapes :

  1. Analysez les garanties : Comparez le coût total du contrat (incluant la surprime) et vérifiez que les garanties sont équivalentes à celles exigées par votre banque pour votre prêt.
  2. Préparez vos documents : Munissez-vous de vos derniers résultats d’hémoglobine glyquée et de votre dernier compte-rendu de diabétologie.
  3. Sollicitez une délégation : Ne restez pas bloqué sur l’offre de votre banque. Un courtier interrogera plusieurs compagnies pour vous.